Témoigner

Elise

Comment le statut de cohabitant·e conditionne la vie en couple

Je m’appelle Élise, j’ai 44 ans et je suis maman solo depuis 14 ans. Je suis diplômée bac +3 Éducatrice spécialisée. Depuis l’âge de 16 ans, je travaille comme étudiante. Ensuite, j’ai cumulé différents jobs de saisonnière avant d’entamer une carrière de près de 20 ans en tant qu’éducatrice avec des horaires décalés, des contraintes d’horaires souvent incompatibles avec un enfant… mais j’ai bossé et j’ai trouvé des solutions de garde au sein de la famille, amis… J’ai donc toujours été indépendante financièrement et souhaite le rester vraiment.  

Il y a 5 ans, je rencontre un homme ouvert d’esprit qui accepte et souhaite aussi mon indépendance. Nous construisons un futur commun jusqu’au jour où.

Il y a  environ 4 ans, la charge mentale et la surcharge de travail depuis tant d’années donnent raison à un craquage… un burn-out familial et une dépression qui me mettent à l’arrêt.  

Je suis par conséquent sous un statut d’invalidité et reçois une indemnité mutuelle conséquente à mon statut de parent isolé.  

Je vis seule avec ma fille depuis sa naissance et je vois naître une envie de partager mon quotidien avec l’homme que j’aime… et bien non… la réalité je la prends en pleine face, si je m’installe avec lui, je perds une partie de mes indemnités et mes allocations familiales ne seront plus majorées… Il n’est pourtant pas le père de ma fille. Entre parenthèses celui-ci n’intervient en rien dans son éducation et je ne perçois aucune pension alimentaire vu la non-reconnaissance paternelle. Bref… 

Je ne sais pas quand je pourrai retravailler, car les séquelles d’un long arrêt sont telles qu’il faut du temps, beaucoup de temps pour se reconstruire. 

Je ne souhaite pas être en couple pour que mon compagnon prenne soin de moi, on ne vit plus dans les années 50. Je souhaite, nous souhaitons vivre ensemble parce que nous nous aimons et pas pour telle ou telle raison financière, et encore moins pour être « dépendante ». Lui aussi a ses charges, son salaire, ses enfants une semaine sur deux, son quotidien à gérer. Je ne suis pas et ne voudrais jamais être un poids financier dans un amour si limpide et respectueux de chacun. Ce serait une des causes de conflits et de séparation et donc un retour à la case départ du « vivre seule ».  

Paradoxalement, le système est fait pour les couples, le prêt immobilier, les vacances, etc. Pour moi, tout est conçu pour la vie à deux, alors que moi cette vie à deux, on me la refuse.